États généraux de la bioéthique 2026 : audition du CNS sur les enjeux éthiques de la PrEP
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Le 24 avril 2026, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) a été auditionné par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) dans le cadre des États généraux de la bioéthique 2026. La prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP) et les questions d'équité d'accès qu'elle soulève étaient au cœur des échanges.
Olivier Bouchaud, infectiologue, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Avicenne de Bobigny et membre du bureau du CNS, a présenté devant le CCNE un état des lieux des enjeux éthiques liés à la PrEP. L'audition a mis en lumière le paradoxe persistant entre la disponibilité d’outils de prévention efficaces et des inégalités sociales d'accès marquées.
Si la PrEP orale a permis une réduction de l'incidence du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les mieux insérés dans le système de soins, d’autres populations exposées — femmes migrantes, personnes en situation de précarité, personnes transgenres, usagères et usagers de drogues — y ont beaucoup moins accès. L'arrivée de la PrEP injectable, administrée tous les deux mois et bientôt à action prolongée, ouvre de nouvelles perspectives pour réduire ces inégalités. Elle pose toutefois avec acuité la question financière de sa prise en charge intégrale.
Le Conseil a également alerté sur la fragilisation des déterminants structurels de l'accès à la prévention : recul des financements associatifs, obstacles administratifs pour les personnes migrantes, restrictions des conditions d’accès à l'Aide médicale d’État (AME), accès aux soins en milieu carcéral, etc. Dans un contexte de polarisation croissante des débats sur le genre et l'immigration, ces reculs font peser un risque réel sur l’accès aux dispositifs de prévention.
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