Prévention : garantir un accès équitable pour toutes et tous à la PrEP

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Communiqué de presse

 

À l'occasion de la Semaine nationale de santé sexuelle, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) rappelle que la prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST) repose sur une palette d'outils diversifiés, considérablement enrichie : aux outils classiques que sont notamment le préservatif et le dépistage se sont ajoutés le traitement comme prévention (TasP), la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale, et aujourd’hui la PrEP injectable à longue durée d'action. Mais le recours à la PrEP reste limité et inégalement réparti.

La PrEP reste peu connue et inégalement accessible

Disponible en France depuis 2016, intégralement prise en charge par l’assurance maladie, la PrEP demeure un outil à part dans la prévention du VIH : 94% des utilisateurs sont des hommes[1], essentiellement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Le recours à la PrEP reste insuffisant, y compris au sein de ce public. Près de la moitié des HSH pour lesquels elle serait indiquée ne l’utilisent pas, en particulier les plus jeunes[2]. Témoignant d’inégalités d’accès marquées, la PrEP demeure méconnue et très peu utilisée au sein d’autres populations particulièrement exposées au VIH : femmes migrantes d’Afrique subsaharienne, HSH migrants, travailleurs et travailleuses du sexe, personnes trans, en situation de précarité ou éloignées des grands centres urbains. Les freins sont multiples (délais d’accès, stigmatisation, obstacles administratifs et linguistiques, précarités socio-économiques), aggravés par l’affaiblissement des associations de proximité et les restrictions d’accès à l'aide médicale de l'État (AME) et aux permanences d'accès aux soins de santé (PASS).

Déhiérarchiser la prévention, élargir l'accès à toutes et tous

Depuis 2021[3], le CNS préconise d'affirmer la PrEP comme outil de première ligne au sein d'une palette de prévention sans hiérarchie. Sa place demeure pourtant trop souvent perçue de façon restrictive et négative, comme un outil d’abord « destiné aux gays » et réservé aux personnes très exposées qui « échoueraient » à utiliser les autres moyens de prévention. La PrEP devrait pouvoir être une opportunité pour toute personne, à différents moments de sa vie, de prévention contre le VIH aussi fiable et légitime qu’une autre, notamment que le préservatif. Cela suppose de promouvoir, pour toutes et tous, la diversité des outils disponibles, afin de permettre à chacune et chacun de choisir ceux qui sont les mieux adaptés à leur situation et leurs attentes. Il importe donc de changer le regard sur la PrEP, par une mobilisation de tous les professionnels de santé et par une communication inclusive et positive, visant à promouvoir le recours à la PrEP auprès des publics les plus exposés, et à en faire comprendre l’intérêt au grand public.

Ce changement de paradigme est d’autant plus nécessaire alors qu’arrivent des spécialités de PREP injectables à longue durée d’action, administrées aujourd’hui tous les deux mois, bientôt tous les six mois, voire une fois par an. Ces formulations sont susceptibles de lever certains freins propres à la PrEP orale, et leur efficacité apparaît particulièrement élevée chez les femmes. Cependant, sans élargissement préalable de l'accès à l'information, sans levée des obstacles structurels et sans approches adaptées d'« aller-vers » et de « faire avec », ces innovations ne bénéficieront qu'aux publics déjà atteints par les dispositifs existants. Il est essentiel d’élargir les opportunités de proposer la PrEP, d’en préserver la gratuité et de ne pas en restreindre les indications.

Dans ce contexte de transformation rapide des outils de prévention, le CNS appelle les pouvoirs publics, notamment à la faveur de la prochaine feuille de route de la stratégie nationale de santé sexuelle, à renforcer l’accès à la prévention diversifiée, dans laquelle la PrEP doit désormais constituer un outil de première ligne. Il recommande de développer l’information et les modalités d’offre adaptées aux situations et aux contextes de vie des personnes. L’enjeu est sanitaire autant qu’éthique : garantir un accès réel et équitable à la PrEP suppose d’aller vers l’ensemble des personnes susceptibles d’en bénéficier.

 

  1. EPI-PHARE. (2025, novembre). Utilisation de la PrEP : des initiations stabilisées mais une diffusion encore incomplète. Assurance Maladie & ANSM. https://www.ameli.fr/medecin/actualites/utilisation-de-la-prep-des-init…
  2. Velter, A., Champenois, K., Girard, G., Roux, P., & Mercier, A. (2023). Prophylaxie pré-exposition (PrEP) de l’infection au VIH parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes répondant à l’enquête Rapport au Sexe 2023 : qui sont les éligibles ? Qui sont les usagers ? Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2023/24-25/2023_24-25_5.html
  3. Conseil national du sida et des hépatites virales. (2021). Avis sur la place de la PrEP dans la prévention du VIH en France : changer de paradigme, changer d’échelle. https://cns.sante.fr/rapports-et-avis/prevention/avis-prep-2021


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