Communiqué de presse

La réponse à l’épidémie de VIH, en France comme dans le monde, demeure profondément et durablement affectée par la crise sanitaire de la Covid-19, compromettant les objectifs nationaux et internationaux de contrôle de l’épidémie.

En France, la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH déjà diagnostiquées et suivies a pu être globalement maintenue. En revanche, les activités de prévention et de dépistage n’ont toujours pas repris au niveau attendu.

Des données qui montrent une fragilisation durable de la prévention et du dépistage

En rupture avec l’augmentation régulière observée au cours des années précédentes, le dépistage connait en 2020 une diminution importante dans toutes ses modalités par rapport à 2019 : en laboratoires (-14 %)[1], en CeGIDD (-35 % en Ile-de France)[2] et dans les actions communautaires. Les ventes d’autotests en pharmacie ont reculé de 22 %.1

Cette situation fait craindre d’importants retards de diagnostic, entrainant des pertes de chance thérapeutique et favorisant de nouvelles transmissions. Le nombre de nouvelles découvertes de séropositivité a globalement reculé en 2020 de 22 %, et jusqu’à près de 30 % au sein de certaines populations particulièrement exposées. Pour la première fois depuis plusieurs années, la proportion de diagnostics très tardifs est en hausse.1

Dans le domaine de la prévention, le développement de la PrEP, en forte progression depuis 2018 et jusqu’au premier confinement, a été brutalement et durablement freiné. Les reprises observées dans les périodes suivant les confinements demeurent en-deçà des niveaux escomptés, avec un déficit estimé à -17 % en un an pour les initiations et -28 % pour les renouvellements de PrEP.2

Une mobilisation de l’ensemble des acteurs et un soutien volontariste des pouvoirs publics
nécessaires pour restaurer une réponse efficace à l’épidémie

Face à ces constats très préoccupants, et à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le VIH, le CNS appelle à accélérer l’adaptation des stratégies et dispositifs de lutte contre le VIH au contexte transformé par la crise sanitaire.

  • Développer les actions innovantes qui ont fait leurs preuves dans le cadre d’expérimentations locales en levant les éventuels obstacles réglementaires et en finançant leur déploiement :

– les offres démédicalisées, privilégiant l’aller-vers communautaire et l’accompagnement par des médiateurs en santé, indispensables pour atteindre les populations clés les plus précaires et que la crise sanitaire a particulièrement fragilisées ;

– les dispositifs dématérialisés d’offre de prévention et de dépistage (téléconsultations, envois d’autotests ou de kits d’auto-prélèvement).

  • Intégrer dans les meilleurs délais dans les stratégies de dépistage du VIH et des IST la démarche de notification aux partenaires

La sensibilisation actuelle de la population aux enjeux de traçage des cas contacts pour interrompre les chaînes de transmission de la Covid-19 pourra favoriser la compréhension et l’acceptation de la démarche de notification dans le domaine des IST.

  • Promouvoir la PrEP, en lien avec le dépistage, comme un outil de prévention du VIH pouvant bénéficier à toute personne

L’évolution des recommandations d’indication de la PrEP et l’ouverture de sa prescription à l’ensemble des médecins doit s’accompagner de sa promotion active auprès du grand public et des populations clés, afin d’en faire connaitre l’existence, en banaliser l’image et en faciliter l’accès.

 

Contact : Julien Bressy, Chargé de communication, 01 40 56 68 52 | 06 35 26 85 71| julien.bressy@sante.gouv.fr

[1] Surveillance du VIH et des IST bactériennes, Bulletin de santé publique (édition nationale), Santé publique France, décembre 2021

[2] Que sait-on aujourd’hui de la situation du VIH en France ? La crise sanitaire a-t-elle fragilisé la prévention, le dépistage et la prise en charge des PVVIH ?, Rapport, ANRS-MIE, 27 août 2021