Financement de la santé mondiale : un recul aux conséquences majeures

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Communiqué de presse

Lors de son dernier conseil d’administration réuni à Genève les 12 et 13 février 2026, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a indiqué avoir obtenu 12 milliards sur les 18 milliards nécessaires pour mettre en œuvre son plan triennal 2026-2028. 

Alors même que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le 3 février 2026 une résolution européenne appelant à sauvegarder et renforcer le financement dédié à la lutte contre le VIH/sida et à conforter la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la France s’apprêterait à réduire sa contribution au Fonds mondial. Celle-ci pourrait passer de 1,6 milliard d’euros (2022-2025) à 660 millions d’euros (2026-2028), soit une baisse de 58 %, selon des informations qui appellent à être confirmées[1]. Par ailleurs, la contribution de l’Union européenne au Fonds mondial présente une baisse de 26,5 %. 

Dans la continuité de ses dernières communications[2][3], le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) alerte sur cette possible réduction budgétaire française qui contribuerait à affaiblir la riposte mondiale et à menacer la continuité des services de santé, en particulier dans les pays les plus touchés par les pandémies. 

Les données scientifiques récentes[4] mettent en lumière qu’une baisse de - 24 % de l’aide internationale, combinée à l’arrêt du programme états-unien PEPFAR en 2025, entraînerait 4 à 10 millions de nouvelles infections et 800 000 à 3 millions de décès supplémentaires liés au VIH d’ici 2030. D’autres travaux de modélisation[5] aboutissent à des conclusions similaires. Les progrès de plusieurs décennies accomplis dans de nombreux pays à ressources limitées pourraient ainsi être stoppés, avec un nombre de nouvelles infections et de décès repartant à la hausse jusqu’à retrouver des niveaux comparables à ceux des années 1990. De tels scénarios illustrent les conséquences majeures qu’un désengagement financier pourrait provoquer sur les progrès collectifs de santé mondiale. 

Dans un tel contexte, le CNS rappelle que l’élimination de la transmission du virus d’ici 2030 reste possible, à la condition sine qua non de préserver et financer une politique internationale française cohérente et durable, à la hauteur des enjeux actuels. 


 


[1] France Info. (2026, février 12). La France va réduire de 58% sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. https://www.franceinfo.fr/sante/la-france-va-reduire-de-58-sa-contribution-au-fonds-mondial-de-lutte-contre-le-sida-la-tuberculose-et-le-paludisme_7799465.html

[4] Martin-Hughes, R., & al. (2025, 27 mars). La réduction des aides internationales entraînerait des millions de décès et une flambée des cas de VIH (étude de modélisation). The Lancet HIV, Volume 12, Issue 5, e346 - e354

[5] Stover, J. & al. (2025, Oct.) Effects of reductions in US foreign assistance on HIV, tuberculosis, family planning, and maternal and child health: a modelling study. The Lancet Global Health, Volume 13, Issue 10, e1669 - e1680

 


Contact: Laetitia Barth, Chargée de communication │ 06 59 44 16 04 
               laetitia.barth@sante.gouv.fr

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